Expérimentations politiques
ISBN : 978-2-9529199-0-6
Fulenn, 2007
106 pages - 12€ (+ 1,50€ de frais de port)



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Expérimenter, c'est constituer un contre-pouvoir à l'intérieur même des situations.
Expérimenter, c'est faire advenir de nouvelles formes de vie et d'activité, de pensée et de création.
Expérimenter, c'est se montrer aussi mobile et créatif que le sont les formes contemporaines de pouvoir.
Expérimenter, c'est opposer aux dispositifs de domination une puissance d'autonomie et de singularisation.
Expérimenter, c'est faire varier une situation pour en moduler les perspectives.
Expérimenter, c'est déployer une question à l'endroit même où les institutions imposent une solution.
Ce livre analyse des formes d'expérimentation sur plusieurs terrains politiques et sociaux : les interstices urbains, les occupations temporaires, l'agencement d'une coopération, la constitution pluraliste des expertises, l'écosophie d'un projet, la co-évaluation des situations de travail, le devenir minoritaire d'une langue.
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L'expérience de l'intermittence dans les champs de l'art, du social et de la recherche
éditions L’Harmattan, 2005
129 pages
ISBN : 2-7475-8783-5


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L’expérience de l’intermittence se généralise dans de nombreux champs professionnels. Ce livre s’intéresse plus spécifiquement à trois d’entre eux : les champs de l’intervention sociale, du travail artistique et de la recherche en science sociale.
Le récent mouvement des intermittents du spectacle a contribué à libérer la parole d’autres intermittents dont la condition était jusque-là méconnue : intermittents du social (intervenants sociaux), intermittents de la recherche, intermittents de la création (artistes de différentes disciplines).
Comment maintenir une continuité de revenu dans un contexte de grande discontinuité de l’activité et de forte précarité ? Comment préserver la qualité d’un travail de création, de recherche ou d’éducation quand les contrats se multiplient et que l’activité se disperse?
L’auteur propose de réfléchir à une nouvelle « constitution » du travail, appropriée aux conditions de l’intermittence et réellement protectrice des travailleurs.
Ce livre s’appuie sur les travaux conduits par l’auteur, dans ces différents champs professionnels, depuis une douzaine d’années.
Cette dissémination et démultiplication des activités créatives-intellectuelles interrogent également le statut de l’auteur – le statut de l’artiste et du chercheur, du professionnel et du spécialiste. Cette interrogation fait l’objet d’un entretien avec Mélanie Perrier en conclusion de l’ouvrage.
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Un projet d'Éco-urbanité : L'expérience d'ECObox dans le quartier La Chapelle à Paris
Notes et Études n°4, ISCRA, 2004
69 pages (dont 6 planches de photos couleur)


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Cette « Notes et Etudes » présente une recherche réalisée au printemps 2004, à l’invitation de Doina Petrescu et Constantin Petcou, dans le quartier La Chapelle à Paris, sur le site de la halle Pajol (friche industrielle, anciennement entrepôt SNCF).
La recherche concerne un projet d’activation urbaine – le projet ECObox – dont l’objet est l’occupation temporaire et participative d’espaces en friche ou sous-aménagés afin d’y installer des micro-équipements de proximité.
Cette stratégie d’Éco-urbanité s’est concrétisée, sur le site de la halle Pajol, par la création de micro-jardins autogérés et de modules urbains mobiles (module "cuisine", module "bibliothèque"...)
Les jardins ECObox
Les parcelles
Le module "cuisine"
Les initiateurs d’ECObox ont su conserver au projet sa « disponibilité », sa porosité, sa transversalité. C’est une condition incontournable pour que la participation des habitants devienne effective. En effet, comme espérer un authentique engagement des personnes si les imaginaires restent bridés (par une esthétisation envahissante) et les usages contraints (par une technicité intimidante ou une trop grande segmentation des espaces) ?
ECObox a su se développer en préservant une certaine discrétion de fonctionnement (pas de réglementation suspicieuse), loin également de l’activisme si souvent observé en matière d’intervention sociale ou urbaine. L’utilisation de matériaux de récupération (par exemple, des palettes en bois pour la confection des micro-jardins) est emblématique de ce projet qui se maintient réceptif et adaptable, ouvert aux initiatives.
La "Notes et Études" peut être téléchargée :
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La relation de consultance, une sociologie des activités d'étude et de conseil
éd. L’Harmattan, 2003
251 pages
ISBN : 2-7475-5198-9



Les administrations, les entreprises et les collectivités publiques recourent fréquemment à des prestations de conseil, d’étude, d’évaluation ou de recherche appliquée. La production de savoir est désormais intrinsèquement liée à l’action, qu’elle soit administrative ou productive.
La relation de consultance est le modèle serviciel qui régule cette mobilisation des savoirs à des fins productives, qui la régule d’un point de vue épistémique (une validité sociologique se convertit en pertinence organisationnelle), d’un point de vue professionnel (entre positionnement disciplinaire et posture d’intervention, entre qualification intellectuelle et compétences cognitives), et d’un point de vue entrepreneurial (de l’auto-constitution de l’activité à sa valorisation).
Une consultance s’analyse nécessairement sur un double plan, sur le plan de l’activité elle-même (une sociologie du travail de consultance) et sur le plan des savoirs effectivement mobilisés / élaborés à l’occasion d’une intervention (une épistémologie des savoirs de consultance).
Plus fondamentalement encore, une consultance s’analyse sur un plan polémologique, en tant que micro-politique du savoir. Une consultance implique les autres acteurs de l’organisation : sur quel type d’alliance s’appuie-t-elle ? S’inscrit-elle dans une logique de coopération, en particulier avec les savoirs portés par les collectifs de travail, ou, au contraire, dans une logique de disqualification et de déconsidération ?
Cette détermination ouvertement politique est bien souvent l’impensé des pratiques de consultance : la focalisation sur la méthode ou le résultat permet d’occulter à bon compte le processus lui-même et sa portée polémologique.
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Variations sur le thème associatif
Aa – Association d’associations
Villa du parc (Annemasse) et Galerie Mire (Genève)
2002, 15 pages


S’associer, c’est avant tout se rendre disponible pour coopérer avec d’autres. S’associer, c’est accepter finalement de se déplacer. L’association incorpore toujours une forme d’éloignement. Elle implique un authentique consentement à s’expatrier afin d’agir sur un terrain qui n’est pas habituellement le sien. Telle est manifestement la promesse de ce mot, à la fois un appel à la coopération pour agir conjointement avec d’autres et une invitation à l’exode en laissant derrière soi les choses qui composent d’ordinaire son existence.
C’est certainement ce qui a motivé l’initiative artistique Aa – Association d’associations, la promesse que ce mot porte en soi, cet idéal de mobilité et de réciprocité qu’il affectionne. Avec la contribution de plusieurs artistes et de nombreuses associations, Aa – Association d’associations s’est attachée à déplier ce mot, à découvrir en lui, dans ses plis et ses replis, ce qu’il réserve comme ouverture et disponibilité.
L’initiative est féconde en ce qu’elle favorise l’essor des mots : comment rehausser ce mot (association) afin de l’approcher de l’idéal qui est le sien, à l’encontre d’une tendance fréquente qui ne voit dans ce mot qu’une dénomination commode pour désigner une organisation ou un fonctionnement.
Aa – Association d’associations a réuni les contributions de Karine Vonna et Georges Cazenove (Le Forum itinérant), de Fabien Friedérich et de Slimane Raïs. Elle a été initiée et coordonnée par Marie-José Muller-Llorca (Villa du parc), Hervé Laurent (Galerie Mire) et Alain Livache (Étant-Donné).
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Pour parler, entre art et sociologie - rencontre avec Slimane Raïs
Presses Universitaires de Grenoble, 2002
98 pages
ISBN : 2-7061-1103-8


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L’œuvre de Slimane Raïs se réalise sous le signe de la rencontre et de la conversation. C’est aussi de cette façon que ce livre a été confectionné, sur le mode d’un échange, un échange qui s’amorce en février 2000 dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon et qui se poursuivra sur deux années, au bon vouloir de l’un et de l’autre.
L’œuvre de Slimane Raïs interpelle et travaille de nombreuses sensibilités de vie, et elle entraîne alors le sociologue vers des zones d’indistinction où les grandes catégories sociologiques du privé et du public, de l’intime et du commun ne s’excluent plus mais s’indéterminent. En accordant une présence publique (sous la forme d’un agencement artistique) à des fragments d’existence, à peine entraperçus, souvent infimes, elle met la sociologie en situation d’indécidabilité. Ce qui d’ordinaire se répartit naturellement entre l’intime et le public devient parfaitement indécidable. Comment, dès lors, juger d’une situation que l’initiative artistique assimile à une expérience publique alors que toute notre expérience la perçoit comme une expérience intime ?
Une rencontre
... en faire une Histoire
Cabine de séduction
Le travail de Slimane Raïs sollicite de nombreuses « configuration sensibles »: ces moments d’intimité que nous destinons à des répondeurs téléphoniques (Le Magasin, Grenoble, 1997), des émotions personnelles qui se mêlent à une célébration publique (Crédac, Ivry, 1998), des secrets jalousement conservés que nous dévoilons à un inconnu (Arteppes, Annecy, 1997), les mots les plus communs auxquels nous recourons pour exprimer une part intime de soi, un désir (Art sur la place, Lyon, 2000), le partage incertain qui traverse nos CV entre valorisation et dépréciation de soi (Villa du parc, Annemasse, 2001).
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Mutations des activités artistiques et intellectuelles
éd. L’Harmattan, 2000
127 pages
ISBN : 2-7384-9990-2


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Plusieurs essais composent cet ouvrage. Ce qui fait l’unité d’un recueil reste toujours incertain. Ces textes partagent néanmoins une même préoccupation : débusquer dans chaque réalité ce qu’elle réserve comme « mobilité intempestive », que cette réalité intéresse l’art, le travail ou le savoir.
Cet idéal de mobilité est partagé par de nombreuses expériences conceptuelles et politiques : l’expérience de l’exode et la découverte de cet « exil de l’intérieur » que partagent les travailleurs précaires, l’agencement des schizo-apprentissages qui nous confrontent à toutes ces interruptions substantielles constitutives de notre parcours de formation, la pratique de l’occupation et du squat qui magnifie la présence de ceux dont justement la présence se dérobe (les sans-travail, les sans-papiers, les artistes-sans-lieu).
Nous retenons dans l’expérience de la mobilité ce qu’elle comporte comme puissance critique, que cette critique joue à l’encontre des conventions classiques de l’art, du travail ou de la langue.
Ces « mobilités intempestives » nous renvoient à l’actualité d’un art qui déborde radicalement les corpus autorisés et les manières homologuées de créer (un art rendu à sa multitude) ; elles inaugurent de nouvelles dispositions de travail qui ne se laissent plus contenir par les conventions capitalistes-fordistes (l’exode du travail hors de sa condition salariale).
Cet idéal de mobilité est également constitutif de l’expérience du rap quand il squatte la langue pour mieux la subvertir (le devenir-rap).
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Une sociologie du travail artistique (artistes et créativité diffuse)
éd. L’Harmattan, 1998
155 pages
ISBN : 2-7384-7092-0


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L’art se développe aujourd’hui sur le mode d’une créativité diffuse.
Les avant-gardes artistiques ont fait franchir à l’art ses dernières limites. Aucun idéal esthétique, aucune norme académique ne réussissent à contenir les pratiques contemporaines. L’art se mêle à tout, se mêle de tout. L’art fait un avec la vie elle-même. Ce débordement des corpus et des territoires débouche sur une pluralité de formes et sur une multiplicité de pratiques.
Le capitalisme contemporain essaie de mobiliser à son profit cette « créativité diffuse » dans le cadre de son industrie culturelle, urbaine et touristique, comme il le fait de façon similaire pour d’autres qualités existentielles : le social, l’intellect, les affects…
La « constitution » de cette nouvelle force de travail, désormais largement disséminée et démultipliée, s’articule sur différents plans : a) son agencement à l’échelle de « micro-bassins de travail immatériel », en grande partie lié aux politiques publiques ; b) son organisation en réseaux, déployée sur les territoires urbains et ponctuée par une multitude de festivals ; c) son entrepreneuriat, à la portée tant socio-économique (associer fonctionnellement les compétences) que socio-politique (réguler les rapports sociaux de coopération).
Cette « constitution » post-fordiste émerge dans des conditions de forte précarité. Et nombreux sont les artistes qui travaillent avec, pour niveau de revenu, les minima sociaux (RMI, en particulier).
Néanmoins, dans ces mondes de la « créativité diffuse », de multiples initiatives artistiques (friches, occupations, interventions urbaines, arts de la rue…) montrent qu’il est possible de s’opposer avec la même puissance tant à la structuration classique des mondes de l’art, qu’à l’emprise capitaliste sur les activités immatérielles.
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L'implication, une nouvelle base de l'intervention sociale
éd. L’Harmattan, 1996
172 pages
ISBN : 2-7384-4684-1


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Le capitalisme post-fordiste développe une « technologie » de la participation / implication afin d’intégrer plus fortement les individus à son mode de fonctionnement.
L’entreprise préconise de nouvelles formes de mobilisation de l’homme-au-travail à travers ses conceptions productives (organisation par projets) et sa gestion des ressources humaines (bilan de compétence).
La politique publique n’échappe pas à cette rhétorique de l’implication. Nombre de politiques incluent aujourd’hui une obligation d’engagement de la part de l’usager, en particulier sous la forme de contrats d’insertion et de projets de formation.
Nous qualifions de « surimplication » cette obligation qui est faite à chacun de toujours attester ce qu’il fait (contrat), ce qu’il est (bilan) et ce à quoi il aspire (projet).
Cette mise sous tension de l’existence et ce rapport oppressif à soi caractérisent les nouvelles formes de contrainte et de domination portées par le capitalisme contemporain.
Dans une perspective foucaldienne, nous montrons que cette technologie de l’implication relève d’un mécanisme de pouvoir bien spécifique, qui prend pour objet la vie elle-même et qui s’efforce de maximiser l’aptitude des individus à juger de leur conduite, par l’entremise d’une évaluation de compétence ou d’un projet professionnel.
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