Interstices urbains temporaires, espaces interculturels en chantier, lieux de proximité
Programme «Art, architecture et paysage» (Ministère de la culture et Ministère de l’équipement)
Ce projet de recherche propose d’étudier les processus d’expérimentation architecturale et artistique menés dans le quartier La Chapelle (Paris, 18ème) dans le cadre d’un projet de micro-urbanisme participatif développé sur des interstices urbains (terrains en friche, délaissés, impasses, etc.) : le projet ECObox.

La recherche est conduite par Constantin Petcou, Pascal Nicolas-Le Strat, Doina Petrescu, François Deck et Kobe Matthys.

Les interstices urbains représentent en quelque sorte ce qui résiste encore, du moins temporairement, aux politiques d’aménagement : ils sont la métonymie de tout ce qui est encore non investi dans une métropole. C’est la réserve de "disponibilité" d’une ville. Leur qualité principale consiste notamment en leur résistance à l’homogénéisation et à l’appropriation définitive.

À cause de leur statut provisoire et incertain, les terrains en friche ne sont pas « valorisés » par les procédures administratives et urbanistiques habituelles. D’où l’hypothèse de leur donner un certain "statut" de facto en tant qu’espaces collectifs provisoires, flexibles, et permettant une intervention avec un minimum d’aménagement : nous les avons nommés terrains vagues urbains, pour marquer que le vague, l’indéterminé, l’incertain qui sont leur attribut sont aussi leur qualité urbaine.

De tels interstices pourraient alors fonctionner selon des principes d’autogestion et de "programmation" temporaire, flexible et réversible.

Plusieurs questionnements traversent la recherche :

- un questionnement qui porte sur la programmation urbaine et sa capacité à tenir compte des expériences "inhabituelles". Comment la programmation urbaine peut-elle s’ouvrir à d’autres processus, initiés à l’extérieur des mécanismes existants ? Quels rapports sont possibles entre les enjeux de grande échelle et les politiques locales ?

- un questionnement qui concerne la reconfiguration et le redéploiement de l'espace public, moins contraint pas les délimitations et plus ouvert à l'initiative. Quelles alternatives à la métropole corporatisée et commercialisée ? Un « troisième espace », produit par le milieu (cf Deleuze et Guattari), est-il possible ? Dans les villes contemporaines, des espaces non-normés sont-ils encore envisageables ?

- un questionnement qui interpelle la ville à son rez-de-chaussée, avec l'investissement d'espaces délaissés. Que recouvre cette "autre" expérience de la ville ? Une autre lecture des parcours, des présences, des socialités ? De nouveaux codes urbains, plus réceptifs aux mobilités, plus réactifs aux initiatives ? Comment permettre une diversité culturelle et sociale dans un milieu urbain de plus en plus stéréotypé ?

- un questionnement qui porte sur le mode de "fabrication" de la ville contemporaine, plus participatif et transversal. Comment dialoguer avec les cultures émergentes ou venues d’ailleurs ? Quels processus de participation peuvent être mis en place ?

- et, in fine, un questionnement transversal aux précédents qui engage l’ensemble des « expérimentateurs » de la ville – en tout premier lieu les habitants eux-mêmes, mais également les artistes, les architectes, les intervenants sociaux, les sociologues… – dans une réflexion sur les formes de co-présence, de co-opération, de co-existence.

[Novembre 2005]


Le texte complet du projet de recherche « Interstices urbains temporaires, espaces interculturels en chantier, lieux de proximité » est téléchargeable :
Télécharger le document : IntersticeTemporaire.pdf (195 ko)
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