La constitution intermittente de l'activité
Dans le champ de l'art, de la recherche et du social, l'expérience de l'intermittence est désormais constitutive de l'activité. Cette constitution intermittente marque une rupture par rapport à l'ordonnancement salarial classique (fordiste).
L'article questionne donc cette nouvelle réalité du travail, discontinue et dissociée, en montrant qu'elle se construit parallèlement dans ces trois champs mais selon des modalités politiques et statutaires différentes. Il insiste également sur l'importance de porter le conflit et la revendication au cœur de cette constitution post-fordiste du travail.
Cet article a été publié dans la revue Multitudes, n°17, p. 31 à 42 (multitudes.samizdat.net)
Cet article prolonge le contenu d'une intervention présentée, en décembre 2003, dans le cadre du séminaire "Intermittence et salariat" animé par Patrick Cingolani et Bernard Friot (Université Paris X – Nanterre).
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L'exode du travail hors de sa condition salariale
De nombreux travailleurs s’engagent sur le chemin de l'exode. Par choix ou nécessité, ils s’affranchissent des conventions salariales fordistes. Ces échappées hors de la condition salariale sont parfois motivées politiquement par le refus de se soumettre au commandement de l'entreprise, ou, plus fréquemment encore, elles expriment simplement un souci de vivre et l'obligation dans laquelle se trouvent les travailleurs précaires d'auto-constituer leur activité.
Dans une première version, ce texte a été publié sous le titre "Il lavoro in transito" dans la revue Posse (politica, filosofia, moltitudini), n°2-3, 2001, p. 274 à 281.
Il a été repris dans le recueil "Mutations des activités artistiques et intellectuelles", éd. L’Harmattan, 2000.
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Travail et constitution du sens, à propos d'André Gorz
Cet article propose une lecture de l’ouvrage d’André Gorz “Métamorphoses du travail - Quête du sens” et en critique la thèse centrale, en l’occurrence la dissociation que l’auteur opère entre deux sphères irréductibles : une sphère du travail dont les fins et le sens échapperont toujours à celui qui l’exerce (la sphère de l’hétéronomie) et une sphère de l’activité sociale, hors temps de travail, encore disponible pour des fins librement discutées et gouvernées à partir de l’auto-organisation des individus (la sphère de l’autonomie).
A ce “grand partage” qui oppose deux sphères (l’hétéronomie du travail et l’autonomie de l’activité sociale), on peut opposer une conception radicalement politique de l’autonomie : l’autonomie comme puissance constituante, indissociable des luttes engagée pour la développer, qui se déploie politiquement aussi bien dans le temps du travail que dans le temps hors travail.
En renvoyant ainsi la question de l’autonomie à sa détermination fondamentalement politique, on espère éviter deux écueils : une autonomie qui subsumerait toutes les déterminations fonctionnelles (une sorte de Léviathan pour temps d’espérance et d’utopie) ou qui se réduirait à une forme de résistance résiduelle (une sorte de sanctuaire pour une période incertaine).
André Gorz revient sur ses divergences / convergences avec la revue Futur antérieur dans l'entretien qu'il a accordé à Françoise Gollain et qui figure en conclusion de son ouvrage "Une critique du travail, entre écologie et socialisme", La Découverte, 2000, p. 219 et sq.
Cet article a été publié dans la revue Futur antérieur, n°35-36, 1996/2, p. 101 à 109 (les archives de Futur antérieur sont accessibles sur le site de la revue Multitudes : multitudes.samizdat.net)
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Intégration et lien social : quelques évolutions possibles
Cet article tente de tirer les conséquences de la crise sociale des années quatre-vingt, qui s’est traduite par l’affaiblissement de la capacité intégrative de la société salariale : crise de l’emploi (l’exclusion), renforcement de l’emprise consumériste (l’endettement des ménages) et interventionnisme grandissant de l’État en matière d’intégration (les politiques d’insertion).
La déstabilisation des normes collectives d’intégration (au fondement de la société salariale) conduit à faire porter sur l’individu lui-même, personnellement, l’exigence d’une intégration : à lui de faire ses preuves (projet professionnel et d’insertion).
Cet article s’inscrit dans les débats qui ont marqué cette fin des années quatre-vingt, en particulier ceux portés par André Gorz et Jürgen Habermas.
Il a été publié dans la revue Les Temps Modernes, n°529-530, 1990, p. 184 à 197.
D'une forme à l'autre, le salarié mis en scène
L’intégration salariale est un processus complexe qui se constitue sur différentes scènes : un échange marchand car le salarié négocie sur le marché sa force de travail, un univers juridique dans la mesure où la salarisation permet d’accèder à de nombreux droits, un jeu d’identification et de distinction puisque le salarié est non seulement travailleur mais également consommateur...
Ce texte s’efforce donc d’analyser ces nombreuses scènes sociales (marchande, juridique, consumériste...) sur lesquelles se réalise une intégration salariale. Il interroge également les formes de contrainte et de violence qui accompagnent cette intégration.
Le texte propose une problématisation d’ensemble de la société salariale fordiste et, pour ce faire, s’appuie sur plusieurs travaux de sociologie et d’économie critiques des années soixante-dix et quatre-vingt.
Cet article a été publié dans la revue Les Temps Modernes, n°514-515, 1989, p. 177 à 215.
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